Les coulisses du 33ème Congrès de la CAF
Le 33ème congrès de la Confédération Africaine de Football (CAF), tenu à Khartoum, a eu des allures d’une rénovation au sein de la famille du football continental. Issa Hayatou s’en est allé de sa vengeance même vis-à -vis de victimes du drame de Cabinda. De quoi choqué plus d’un observateur
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Hayatou snobe les victimes de Cabinda
Le 33ème congrès de la Confédération Africaine de Football (CAF) a également été une occasion pour les membres de la Confédération d’honorer la mémoire des dirigeants, joueurs et autres acteurs du football africain, décédés entre le Congrès d’Abuja et celui de Khartoum. Pour le faire, le président de la CAF, Issa Hayatou a égrené l’émotion dans la voix, une longue liste d’acteurs avec des précisions sur leurs contributions au football, ou les conditions dans les quelles, ils sont morts. Certains ayant succombé à un accident, voire sur les terrains.
Mais curieusement, Issa Hayatou a royalement oublié les victimes du drame de Cabinda. Amélété Abalo (entraîneur adjoint des Eperviers) et Stan O’Cloo (chargé de communication de la FTF), tombés sous les balles des rebelles du FLEC, à Cabinda.
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Même le président de la FIFA, Sepp Blatter qui a pris ensuite la parole, n’a pas daigné corriger la bévue. Un peu plus d’un an après ce drame qui a ému le monde entier, le président de la CAF, reste toujours insensible à la douleur du peuple togolais. Pour un sportif, il est bien évidemment ubuesque, de choisir même entre les victimes pour exprimer la compassion de la famille du football africain. Surtout que le Togo fait bien partie de cette famille et que des représentants de son association nationale, étaient dans la salle.
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Mêmène et le salut militaire
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Le 33ème Congrès de la CAF a connu comme premiers instances d’émotion, l’annonce du départ du Vice-président, Séyi Mémène qui a atteint la limite d’âge (70 ans) ainsi que Moustapha Fahmy, promu à la FIFA. C’est Issa Hayatou qui a tenu à rendre personnellement les hommages à ces deux fidèles collaborateurs, qui ont beaucoup apporté à ses côtés, au football africain. «Je regrette de vous voir quitter cette organisation. Vous prenez une retraite méritée à 70 ans et avez largement contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire de la Confédération. Cette histoire continuera à s’écrire avec vous. Vous resterez vice-président honoraire de la Caf et la Caf est fière de vous», a déclaré Hayatou en hommage au Togolais.
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Le Gal. Séyi Mémène drapé dans un boubou blanc, a longuement été ovationné par les congressistes avec des applaudissements nourris. Hayatou, après lui avoir remis un certificat de reconnaissance, a annoncé que le Togolais était désormais fait, Vice-président d’honneur à vie en or.
Visiblement ému par ce témoignage de reconnaissance à un moment où il vit une difficile période dans son pays, l’ancien président de la FTF, n’a placé le moindre mot. Pour toute expression, en bon militaire et comme pour dire sa disponibilité au service du football africain et son profond respect pour le Congrès, le Gal. Séyi Mémène a exécuté bien droit et dans une application on dirait d’une nouvelle recrue, un salut militaire. Certainement, le dernier qu’il exécute devant un Congrès de la CAF. Moustapha Fahmy, lui s’est vu remettre son certificat par son fils, qui comme son grand-père puis son père, travaille à la CAF.
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Tata marqué à la culotte
Après son refus de notifier le retrait de sa candidature la veille plutôt que pendant le Congrès, Tata Avlessi a fait l’objet d’un marquage systématique dans la salle. L’auteur du marquage n’était autre que le chargé de communication, Abuba, l’autre auteur des bourdes à la CAF. Ce dernier s’est pointé droit aux côtés de l’ancien président de la FTF, au moment où il exprimait son retrait, prêt à appuyer sur le bouton du micro au cas où. Certainement que Hayatou redoutait que Tata Avlessi n’en profite pour évoquer le refus de la CAF de lui payer les frais de la procédure devant le TAS, dans le procès qu’il a remporté contre cette dernière.
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Le neveu du président Camerounais est allé plus loin, en empêchant Tata Avlessi d’accorder une interview à l’envoyé spécial de RFI, dans le fond de la salle, après la proclamation des résultats du vote. Et quand Tata Avlessi a décidé avec le journaliste d’aller réaliser l’interview dehors, Abuba a simplement menacé qu’ils ne reviendraient plus dans la salle, si jamais ils sortaient pour l’interview. C’est à se demander ce que Hayatou pouvait tant redouter dans une interview que Tata Avlessi finira au demeurant à donner. Il sera d’ailleurs, le seul dirigeant interviewé par RFI, sur les élections au Congrès.
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Les tribulations d’un candidat redouté
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Pour se rendre à Khartoum, Tata Avlessi a mobilisé trois journalistes (Togo, Bénin et Côte d’Ivoire), pour couvrir l’évènement. Sans doute que le président d’honneur des « Lions du Sud », était plus que d’autres, très averti sur le caractère historique que devrait revêtir les assises de Khartoum pour la CAF . Mais son départ prévu pour le dimanche 20 février, ne se fera finalement que le lundi 21 février 2011. Faute d’un traitement administratif adéquat de la FTF, la compagnie Ethiopian Airways, a refusé d’embarquer le candidat togolais et sa délégation, faute d’assurance qu’ils auront le visa à l’entrée du Soudan.
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La situation sera néanmoins débloquée en 30 minutes par Tata Avlessi qui a appelé le président de la fédération soudanaise, ainsi qu’un dirigeant de la FIFA. Mais l’avion était déjà parti. Le même manquement au niveau de la FTF, s’est traduit à Khartoum par l’octroie d’un badge d’observateur au candidat, qui n’était pas sur la liste des délégués du Togo. Manifestement, il y a eu un manque de franche collaboration entre le candidat et la FTF, qui n’a donc pas traité le dossier en même temps que celui de la délégation officielle, comme l’ont fait les fédérations du Nigeria ou du Burundi, qui elles aussi, se sont déplacées avec des anciens présidents qui ne sont plus membres de leur directoire.
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Déculotté pour Hayatou
Comme c’est souvent le cas pour ces genres d’assises, le président de la CAF avait ses protégés qu’il tenait à faire passer au vote. Pour cela, tous les moyens ont été mis en œuvre, cette fois-ci en vain. Même des coups de fil passés à certains Chef d’Etat, pour intimer des consignes à des délégués n’ont pas suffi. Pour la zone ouest B, où Anjorin Moucharafou (Bénin), porteur du projet d’une réélection de Issa Hayatou, en 2013 était candidat, face au Ghanéen Kwesi Nyatankyi, le Nigérien Hima Souley et le Togolais, Tata Avlessi, les tractations ont été très intenses.
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« J’ai été réveillé à 4 heures du matin, où on m’a tendu une enveloppe », a déploré un président de fédération le soir du vote. Un autre a révélé avoir été interpellé par Issa Hayatou, qui lui a reproché qu’il faisait campagne pour Kwesi Nyatankyi. « Je lui ai répondu que c’est vrai. Que je n’avais rien contre lui, mais que ceux qui étaient venus lui dire que je battais campagne contre Anjorin, ne lui disent pas la vérité car même eux, ne veulent pas du Béninois », a dit un président.
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Président de la fédération dont le pays a connu la plus fulgurante progression au classement FIFA/Coca Cola, le jeune président ghanéen, Kwesi Nyatankyi soutenu par d’anciens footballeur professionnels africains, aurait subi des pressions jusqu’à la dernière minute pour désister. Mais le Ghanéen qui avait comme entre autre soutien Tata Avlessi, qui battait campagne pour lui, est allé jusqu’au bout et l’a remporté avec 34 voix contre 19 pour le Béninois…
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L’UFOA bientôt en congrès
L’Union des Fédérations Ouest Africaine de football (UFOA) est avec les zones centre ouest et sud de la CAF, celles qui troublent l’insomnie à Issa Hayatou. On se rappelle que c’est le soutien témoigné par tata Avlessi à Jacques Anouma, considéré comme un potentiel successeur au Camerounais, qui a causé les malheurs à Tata Avlessi, alors récent président de la FTF. Mais visiblement, le président de la CAF, n’a pas réussi à étouffer les velléités de réformes que nourrissent les dirigeants au sein de cette union, pour la CAF. Et les suspensions des protégés de Hayatou (Dr. Adamu et Diakité) par la FIFA, ainsi que les péripéties actuelles de Anjorin Moucharafou à la tête de la fédération béninoise, remettent les aspirations au sein de l’UFOA, à jour.
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Au lendemain du congrès, le président par intérim Anjorin Moucharafou, sans doute abattu par sa défaite de la veille, a boycotté une réunion de l’UFOA, que lui-même avait convoquée. Initialement, cette réunion devrait se tenir la veille du congrès, mais redoutant que certaines questions ne surviennent avant le vote, le Béninois a tout fait pour empêcher la tenue de cette réunion qui a eu lieu au niveau des autres zones. Puis, après sa défaite, il a demandé au Secrétaire général, de boycotter aussi la réunion. Mais ce dernier s’est présenté. 14 pays sur les 16 (excepté le Benin et le Nigeria) y ont participé et ont décidé de la tenue à Banjul, d’une assemblée extraordinaire, le 4 avril.
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Après le rêve brisé d’entrer au Comité exécutif de la CAF, Anjorin Moucharafou pourrait donc également perdre la présidence de l’UFOA, à Banjul en attendant le dénouement dans la crise au sein de la Fédération Béninoise de Football, qu’il va certainement perdre.
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Hayatou reste lucide
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Le président de la CAF a agréablement surpris en annonçant au lendemain du congrès de Khartoum, sa volonté de quitter la tête de l’instance du football africain. Indiquant qu’il était fatigué à 65 ans d’âge dont plus de 40 ans au service du football, Issa Hayatou a certainement tiré les leçons de l’expression de son désaveu que constituent les échecs de ses protégés au congrès, malgré son implication personnelle dans leur campagne. « Il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent », dit-on. La gestion du président de la CAF est de plus en plus ouvertement contestée. Il y a comme un phénomène de saturation. Les membres de la Confédération veulent expérimenter une autre façon de gérer. On cite certains noms, dont celui de l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud Africain Dany Jordan (grand artisan de l’organisation du Mondial 2010) au rang des potentiels successeurs.
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Six élus au Comité exécutif de la CAF
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La 33e Assemblée Générale de la CAF qui s’est tenue le mercredi 23 février à Khartoum a procédé au renouvellement de six des postes de membre du Comité exécutif de la CAF. Pour la Zone Nord, c’est Tarek Bouchamaoui (Tunisie), devenu seul candidat, après le désistement du sortant Hani Aboo Rida, qui est élu. Même cas pour la Zone Ouest A, où Almamy K.Camara (Guinée), seul candidat a été réélu. Dans la Zone Ouest B, le combat a été âpre malgré les désistements de Tata Avlessi et de Hima Souley. Finalement, Kwesi Nyatankyi (Ghana), l’emporte avec 34 voix, face à Anjorin Moucharafou (Bénin), 19 voix. Dans la Zone Centre, Constant Omari (RD Congo), seul candidat entre au Comité exécutif. Pour la Zone Centre-Est, c’est Leodegar Tenga (Tanzanie), qui est élu avec 34 voix face à Célestin Musabyimana (Rwanda), candidat sortant, soutenu par Issa Hayatou. Pour la Zone Sud ; l’élu est l’ancien footballeur international Kalusha Bwalya (Zambie), 38 voix.Â
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A noter que le président de la CAF, a coopté au lendemain de l’élection, le Dr. Molefi Oliphant (Afrique du Sud), candidat sortant, battu par Kalusha Bwalya.
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Pour ce qui concerne le Comité exécutif de la FIFA, ce sont l’Algérien Mohamed Raouraoua (39 voix) et l’Ivoirien Jacques Bernard Anouma (35 voix), qui ont été réélus. A noter ici, l’échec du Sud-Africain principal artisan du succès du Mondial 2010 et potentiel candidat à la présidence de la CAF en 2013, Danny Jordan ainsi que l’échec du candidat soutenu par Issa Hayatou, le Seychellois Suketu Patel.
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Les 53 associations nationales membres de la CAF ont participé au vote.
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