Obilalé continue par scruter l’avenir
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Son sort continue par émouvoir les Togolais, depuis la fusillade du bus des Eperviers à Cabinda. 18 mois après, pour en savoir plus sur son état de santé et les perspectives, Global Sport est allé à sa rencontre à Paris, le lundi 06 juin 2011. Aussi navrant que cela puisse paraître, Kodjovi Obilalé n’est toujours pas plus avancé que cela, sur son avenir.
« L’association qui me vient en aide, vient de m’informer qu’elle va interrompre son soutien à la fin du mois de juillet », confie l’ancien portier international des Eperviers du Togo, rencontré à Paris. Depuis la fameuse et restée énigmatique fusillade de Cabinda, la vie de Kodjovi Obilalé a basculé. Atteint de deux bales dans le dos, l’ancien portier de l’Etoile Filante de Lomé, est quasiment laissé à son triste et incertain sort.
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La sentence de l’accident est dramatique : Dodo (pour les intimes), ne pourra plus jamais rejouer au football, sa profession. Au premier contact et avant même d’aborder le fond du sujet, l’ancien  portier de Pontivy relate encore 18 mois après, le drame. « J’ai été le premier à recevoir une balle dans le dos. Je sentais des douleurs et j’ai alors commencé par crier. Peut-être ai-je ainsi contribué à mettre la vie de certains de mes coéquipiers, à l’abri ». Une hypothèse qui le soulage. Mais la fusillade a fait d’autres victimes, deux morts et d’autres blessés.
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 Obilalé nous racontait dans notre salon dans le 91ème, sa mésaventure en même temps que nous visionnons un reportage de Canal + Espagne, sur le sort de l’ancien international togolais depuis la fusillade. Le joueur n’est plus alité au centre de rééducation de Kerppape, où les médecins s’activaient à réhabiliter ses membres, rendus inertes par les balles. Il traine difficilement avec deux béquilles, les muscles de son pied droit ayant perdu toute mobilité. « Si j’avais été blessé en allant défendre certaines équipes nationales, je n’aurais eu aucun souci. Peut-être qu’ils  (les dirigeants : Ndlr) viendraient à mes funérailles, si j’avais été mort », se lamente l’ancien international entre deux coups de gueule, fustigeant l’attitude des dirigeants togolais (comité d’organisation de la CAN, nouveau bureau de la FTF et gouvernement) confondus.
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Un ambassadeur négligé
Depuis son transfert de l’Afrique du Sud en France, Obilalé a été opéré, trois fois. Il en porte les séquelles le long du ventre comme dans le dos. Le gouvernement togolais ne lui a apporté qu’une subvention de 35 millions CFA et la FIFA, 50. Pas de suivi régulier, pas de compassion témoignée au joueur depuis Lomé. Au ministère des sports, le joueur parait désormais encombrant et à la FTF, les joueurs ne sont bons que s’ils sont aptes à servir. « A la FTF, on jette le manche après la cognée », caricature t-il.
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La CAF agacée par les bisbilles au niveau du Togo, se refuse de témoigner jusqu’au minimum de décence dans son attitude vis-à -vis de ce drame auquel elle n’est pourtant pas totalement exonérée de toute responsabilité. Ayant accepté qu’une zone en guerre, abrite également la compétition.
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Pour toute intervention en faveur de Kodjovi Obilalé, les Togolais sont habitués à assister à la ruée dans le brancard du blessé et des journalistes. Le dossier ayant été mal géré par les autorités qui en ont fait une outrageante récupération politicienne à la veille de l’élection présidentielle de 2010. Aujourd’hui, les mêmes semblent revenir à une approche plus adéquate. Avocats togolais et angolais, s’affairent pour trouver une modalité convenable de dédommagement aux victimes. « J’ai été contacté à cet effet et j’attends de rencontrer les avocats ici à Paris. De toute façon, j’ai mes avocats et nous avons notre position sur la question », réagit t-il.
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La victime semble avoir des prétentions bien arrêtées dans cette perspective amorcée conjointement par le Togo et l’Angola, par voie diplomatique. L’autre judiciaire étant toujours en cours au niveau du Tribunal de Paris avec la mise en examen de Pedro Mingas, le Secrétaire général du FLEC ayant revendiqué la fusillade.
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Des rêves brisés
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A Kodjovi Obilalé, il ne reste plus qu’un rêve : voir son petit garçon devenir  footballeur. « C’est le futur Zinedine Zidane », exalte t-il en regardant les images de son petit de 2 ans et demie, taper dans le ballon. Pourtant, avant la fusillade du 10 janvier 2010, l’ancien international togolais rêvait d’une carrière plus accomplie dans le foot. « J’avais une proposition de Aston Villa, grâce à Moustapha Salifou (son coéquipier en sélection : Ndlr), une autre de Brest qui alors était en Ligue 2 française et une du Japon, où on une proposait beaucoup d’argent. Je leur avait dit d’attendre la CAN pour les discussions », raconte le blessé.
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« Après la fusillade, une des équipes qui m’avait adressé des propositions, m’a envoyé une lettre pour m’exprimer sa désolation », rapporte t-il ému et révolté par l’attitude des dirigeants togolais à son égard.
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Mais il se montre très sensible aux témoignages de sympathie à son égard. C’est le cas à propos du titre de « Mérite et du courage » que l’organisation dénommée « Freindly Foot » lui a récemment décerné en Belgique. Idem pour le soutien que lui apportent ses coéquipiers dont son ami Emmanuel Adébayor, les Togolais ainsi que certains acteurs du monde du football mondial. Mais le joueur reste déterminé à ne pas laisser son sort à la fatalité. Il vient d’adresser au Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, une lettre dans laquelle il relate sa situation. En entendant, il scrute les perspectives sur lesquelles pourrait déboucher l’annonce de l’initiative de l’Angola, qui désirerait dédommager les victimes. Mais répète t-il avec rage, « rien ne me ramènera mes jambes ».
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