Coup franc : Encore un tournant !
| TOGO - Foot |
De crise en crise au sein de l’instance de sa direction, le football togolais est relégué aujourd’hui au second plan. Depuis 2006, avec la surprenante participation à la Coupe du monde, les enjeux sont devenus plus importants que par le passé.
Aux ambitions bassement matérialistes et autres expressions d’égo, viennent s’ajouter des visées du pouvoir politique sur fond de considérations qui compliquent dangereusement toute perspective de sortie de crise. « Un beau désordre vaut mieux qu’une inerte ordonnance », remarquait Eugène SAVITZKAYA dans « Marin mon cœur » édition de Minuit 1992.
En effet, s’il est conseillé que le gouvernement intervienne pour mettre un terme au désordre qui prend siège dans le football, il est plus que déplorable qu’au nom de cette invite, le pouvoir politique use des moyens de l’Etat, pour se mettre notoirement et maladroitement aux côtés d’une candidature au détriment des autres. En toute chose, le bon aboutissement dépend plus de la mesure que de l’ampleur de l’intervention. Il faut une dose de savoir-faire et du timing, même dans une intervention du premier responsable du pays, pour espérer aboutir avec efficacité à ses fins.
Après janvier 2007 avec la mémorable élection qui a porté Tata Avlessi à la tête de la Fédération Togolaise de Football (FTF), à la suite d’une nette victoire sur le Lt-Col. Rock Balakyèm GNASSINGBE, janvier 2009 avec le retour éphémère et dans la controverse de l’historique défaite aux commandes, voici novembre 2010. L’enjeu : produire une conséquence différente que lors des précédentes fois, avec les mêmes acteurs dans les mêmes conditions, faites de divisions, de fortes convoitises, d’ingérences gouvernementales… En somme, un nouveau tournant dont la gestion doit être fonction des leçons du passé.
Les regards sont pour cela tournés vers le gouvernement togolais, avec en premier, le Chef de l’Etat. Ce qui dénote suffisamment le rôle du pouvoir politique, dans la naissance, la gestion et les conséquences des crises au sein du football togolais. A en juger par le ton qu’utilise actuellement la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), nous semblons avoir atteint le seuil du tolérable. La moindre déviance en l’état actuel de la situation, nous vaudra une sanction de la faîtière des associations nationales de football. Un péril pour le football certes, mais aussi et sans doute, un désaveu pour Faure GNASSINGBE à qui la FIFA a exceptionnellement consenti de déroger pendant longtemps à ces principes.
Fatalement et cela sauf option catastrophe du pouvoir, la tenue du congrès extraordinaire à la FTF est inéluctable. Mais encore faudra t-il que le pouvoir laisse se passer les choses dans le respect du libre consentement des électeurs et ce, au plus tard le 06 novembre 2010. Aux élections donc dans un esprit de  voir le football togolais sortir de la crise. Cela n’est pas aussi difficile que ça, si les protagonistes sont autant imbus du sens du sport. Parce qu’on ne saurait faire le sport, avec des dirigeants qui ne comprennent rien à la quintessence de la discipline.
C’est ici qu’il y a lieu de se poser des questions sur la perspective d’une sortie de crise par les élections. Sans doute que personne ne se fait des illusions là -dessus. Telle que la situation se présente et au regard des listes en présence, on peut avec raison, nourrir des craintes. Mais l’espoir ne peut être permis que si le gouvernement s’engage à jouer résolument sa partition dans l’intérêt uniquement du football. C’est dire qu’en amont comme en aval de la problématique, la partition que se doit de jouer le pouvoir, semble la plus cruciale et la plus à même de dénouer durablement la situation.
Mais sans doute se battre pour le football national, passe par se battre pour la libération de la nation, matrice matérielle à partir de laquelle le football ne saurait avoir de sens. A défaut de réussir cet ultime tournant, chacun sait dorénavant, l’engagement qui lui reste en vue de la sauvegarde du sport roi, vecteur de cohésion nationale, véritable opium dont ont plus que besoin plus d’un Togolais, par ces temps de déprime généralisée pour ce peuple meurtri et quotidiennement humilié.
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