Le cas Obilalé fait hésiter Romao
| TOGO - Foot |
Inexorablement, le portier international togolais, Obilalé Kodjovi, va vers un arrêt brutal de sa carrière de footballeur. Une carrière qui le nourrit, lui et sa famille. L’attentat de Cabinda en aura ainsi décidé. Mais le véritable drame, c’est que rien ne rassure sur la prise en charge du joueur.
Après le latéral gauche Ludovic Assémoassa, blessé à la Coupe du monde 2006, le milieu de terrain Aziawonou Kaka, lors d’un match éliminatoire de la CAN 2008, le portier Obilalé Kodjovi voit sa carrière brisée suite à un accident en sélection. Pour ce dernier cas, il s’agit de la fusillade de Cabinda, où il a été touché à l’abdomen. Puis depuis, en lieu et place d’une réelle prise en charge (médicale, psychologique, financière, morale) du joueur, des dirigeants choisissent plutôt de s’engager dans une guerre de communication avec la victime, désespérée.
Bien sûr, des efforts ont été faits pour ses soins (ce qui n’est qu’un devoir de l’Etat). Mais ils restent insuffisants et controversés. Le tout étant l’expression de la gestion chaotique, conséquence de l’imbroglio né du cafouillage créé par les autorités au niveau des instances de gestion de la préparation de la CAN 2010. Il était question de confier à tout prix, la gestion de la participation des Eperviers à la CAN, à l’autre héritier, le Lt-Col. Rock Gnassingbé. Puis d’autres flibustiers de tout acabit, se sont engouffrés dans l’aubaine ainsi offerte, à des fins bassement égoïstes.
La conséquence logique, en est le cafouillage dans les responsabilités pour une prise en charge du joueur, blessé alors qu’il allait en Angola, pour défendre les couleurs nationales. Enfin parvenus aux responsabilités, le Gal. Mémène et ses amis du Comité Intérimaires, frustrés d’avoir été privés de la très convoitée gestion de la participation à la CAN 2010, ne cherchent point à s’enquérir des suites du drame, en dehors de l’aspect, gestion de la sanction de la CAF, qui devrait leur assurer la gestion des éliminatoires de la CAN 2012. Pour le reste, leurs intérêts bien compris, suffisent à justifier leur présence, même sans une équipe digne des couleurs nationales.
Quant à Winny Dogbatsè à qui échoit fatalement la gestion du dossier, il navigue entre polémique avec le joueur et un rôle de reporter au chevet de ce dernier. Pour son Comité de gestion des fonds qui a présenté un bilan suspect de son exercice, les effets d’annonce suffisent pour calmer l’international portier togolais. Surtout qu’il croit lui avoir fait la faveur de dépêcher à ses chevets, son grand-frère en Afrique du Sud, sa maman en France et lui a promis que sa situation fait l’objet d’une attention particulière que pourtant le quotidien dément et contrarie à suffisance.
Â
Romao très remonté
Â
Le sort de Kodjovi Obilalé, ne semble émouvoir que certains journalistes. Même ses coéquipiers qui auraient pu se retrouver dans la même situation que lui, s’en préoccupent à peine. Adébayor Shéyi dès les premières hésitations des autorités a pris sur lui d’assurer le déplacement de la femme de son coéquipier à ses chevets et pris régulièrement jusqu’à ce séjour, des nouvelles de son ami. Son ancien adjoint, Nibombé Daré, bien qu’ayant été écarté de la sélection pour la CAN 2010, avait appelé pour exprimer son souhait de mettre 5 millions de francs CFA, à contribution pour l’évacuation de son jeune frère. Mais lui non plus n’est pas allé soutenir la famille, lors de son passage à Lomé.
Un acte de soutien moral que Coubadja Kader et Améwou Komlan, n’ont pas manqué de poser, en allant visiter la famille. Pour le reste, on ne les voit qu’à l’occasion des évènements heureux, comme les cérémonies de mariage où ils viennent faire leur « faro ». Non seulement, ils ne se donnent même pas la peine de donner un coup de fil à leur coéquipier, mais ils ne cherchent même pas à poser le problème aux dirigeants sportifs. Le nouveau capitaine Serge Akakpo (lui-même blessé au dos lors de la fusillade) et les autres continuent leur chemin comme si de rien n’était.
Une attitude avec laquelle tranche, le milieu de terrain, Alaixys Romao. Le nouveau sociétaire de Lorient en Ligue 1, française, outré par le sort réservé à son coéquipier, a choisi d’arrêter sa carrière internationale. « Je pense qu’il est toujours en réflexion et qu’il n’a pas encore pris une décision définitive », nous a confié un proche du joueur. Certes, il aurait dit à certains interlocuteurs qui tentent de le persuader d’oublier Obilalé, qu’il viendra en sélection. Mais, le joueur pourrait à tout moment revenir sur sa décision, si rien de concret n’est envisagé pour régler le cas du portier togolais.
Une attitude de responsable qui se justifie pleinement de la part de ce joueur qui a toujours fait montre de discipline (sur et en dehors du terrain) et de dévouement dans la défense des couleurs nationales. Il semblerait que le gouvernement serait sur le point de régler le problème. Vivement que cela se fasse et bien, car rien ne certifie que d’autres joueurs ne finiront pas, par prendre la mesure de la situation et revenir aux préalables qu’ils auraient du poser avant de continuer par assumer leur rôle dans lequel au demeurant, aucun cadeau ne leur est fait à la moindre ratée.
 Â
| < Précédent | Suivant > |
|---|














Le cas Obilalé fait hésiter Romao

