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Afrique Le Togo négocie réparation avec l’Angola

PostHeaderIcon Le Togo négocie réparation avec l’Angola

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AFRIQUE - Sports

image en couleurRien n’était évident avant ce consensus de dernière minute, intervenu le 07 mai à Zurich entre la CAF et le Togo, sous la médiation de Sepp Blatter. Jusqu’au bout, Issa Hayatou a joué la carte de la fermeté. Mais l’habileté de Antoine Folly, la dextérité du patron de la FIFA et les considérations humaines, ont amené à une paix des braves.

C’est sans doute le Secrétaire général du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), qui a trouvé l’image juste pour traduire la situation. « Eu égard à l’aspect fortement émotionnel entourant cette affaire, les parties se sont efforcées de trouver une solution raisonnable afin de clore le dossier. C’est une bonne nouvelle pour les joueurs de l’équipe togolaise ainsi que pour le TAS qui a pu trouver une issue favorable à cette médiation », a déclaré Matthieu Reeb, au sortir de l’heureuse médiation.

 

Tout a été plié à huis clos à trois, entre Sepp Blatter, Issa Hayatou et Antoine Folly, en une heure, avant la plénière. Le président de la FIFA maîtrisant bien le dossier, a pris toutes les dispositions pour éviter un clash. En une heure sur les deux que la CAF a consenties de passer à Zurich pour la médiation, après l’avoir acceptée bien que n’étant pas préalablement requise par le Togo dans sa plainte, Issa Hayatou n’a pas voulu lâcher le morceau, jouant sur le talon d’Achille du Togo dans ce dossier, « l’interférence gouvernementale dans l’administration du football ».

 

Etait particulièrement pointé par le patron de la CAF, le retrait du Togo de la CAN 2010 sans notification à la CAF, mais aussi le fait que la décision soit prise par le gouvernement togolais. Une situation que le capitaine des Eperviers, invitait déjà le Togo à reconnaître, dans son appel pour un règlement à l’amiable. Face à la véhémence de Hayatou sur un sujet dont la sensibilité ne pouvait qu’emporter l’adhésion du médiateur Blatter, l’ancien ministre des sports Antoine Folly, a choisi d’assumer au nom du Comité intérimaire. « Ça a été parfois chaud », reconnaît volontiers, Antoine Folly.

 

Le chef de la délégation togolaise contacté au téléphone par notre rédaction, a indiqué avoir soutenu que la décision a été prise conjointement par le gouvernement et le Comité intérimaire de la FTF et que c’est l’exécution qui a été du seul ressort du gouvernement, qui seul en avait les moyens. Pour M. Folly, le défaut de notification, en violation des règlements de la compétition, s’explique par les circonstances du drame. Là aussi, Adébayor avait bien devancé les choses, dans ce fameux appel qui a fait tant jaser, en appelant la CAF à tenir en compte, l’aspect humain du drame. Un aspect qui a amené Blatter à appuyer le plaidoyer de M. Folly, déroutant Issa Hayatou.

 

Hayatou, n’a alors eu d’autres choix que de se ranger. Sans s’en prendre aux officiels togolais, dans les couloirs de la rencontre. « On allait sans doute droit dans le mur », rappelle un membre de la délégation retraçant la chronique de cet épisode. Le document imposé de Lomé à la délégation, était formulé en trois points :

 

1) Présentation des excuses de la CAF au Togo

2) Annulation de la sanction

3) Réparation des dommages

 

Une fois arrivé à Paris, Antoine Folly très averti en la matière, fit appel à Me Sylvain Attoh-Mensah, avocat togolais et un des huit Africains membres du TAS. Ensemble avec Me Martial Akakpo, un document plus consensuel a été élaboré. Il relève la substitution de la disposition relative au retrait par celui du forfait général, demande l’annulation des sanctions et la réparation des dommages.

 

   Finalement, face à l’évidence des faits, le Togo a reconnu, l’omission de la notification du retrait et la conformité de la sanction de la CAF, avec les règlements. Sous pression de l’opinion et des instances politiques internationales, Hayatou promet de faire lever la sanction par le Comité exécutif, lors d’une réunion le 15 mai prochain. Soulagement total de tous les protagonistes. « Je suis ravi que nous ayons pu trouver une issue favorable pour les deux parties. La victoire, aujourd’hui, est celle de l’ensemble de football, et en particulier du football africain. Cela montre qu’il est possible de résoudre des conflits internes à la famille du football et de trouver des issues favorables pour toutes les parties prenantes et notamment les joueurs », a commenté le Président de la FIFA à l’issue de la réunion.

 

Négociations entre le Togo et l’Angola

 

L’un des objectifs étant atteint, reste le second : la réparation des dommages aux victimes. Le sort du portier international Obilalé Kodjovi et des blessés à l’instar de Nibombé Waké, préoccupe plus d’un. « Seules les familles des victimes ont intérêt à agir, au plan pénal et pour demander réparation. C’est ce qu’a fait le cabinet Me Aquéréburu au  nom des familles, à Paris, explique Me Attoh-Mensah, avant d’ajouter dans une émission sur la télévision LCF, je pense que là aussi, à l’instar de ce qui vient d’être fait à Zurich, le Togo doit entrer en discussions avec l’Angola », a-t-il déclaré.

 

Selon les indiscrétions, des démarches ont déjà été entreprises dans ce sens par les autorités togolaises vis à vis de leurs homologues angolaises. Des délégations ont été discrètement dépêchées en Angola, au plus haut niveau, par Faure Gnassingbé. Elles ont été récemment été suivies par les ministres des Affaires étrangères Koffi Esaw et Christophe Tchao des Sports. Les deux ministres se sont également rendus à cette fin en Afrique du Sud. Selon nos informations, les discussions évoluent bien et pourraient déboucher rapidement sur une réparation des dommages occasionnés aux Togolais, par la fusillade.

 

Déjà au sortir du Sommet de l’U.A, qui a recommandé à la CAF de revoir sa sanction contre le Togo, le président Sassou Nguesso, dont le pays a abrité les préparatifs de la sélection togolaise à Pointe Noire, avait indiqué que le problème devrait être réglé par voie politique. S’il reste à savoir quand et quels seraient les bénéficiaires de cette réparation, il reste aussi à savoir selon quelles modalités le Togo sera réintégré au calendrier des éliminatoires de la Can Orange 2012, dont le tirage au sort a eu lieu au mois de février dernier.

 

 

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