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Interviews Questions/Réponses Nibombé Daré « Le Togo a encore besoin d’Adébayor »

PostHeaderIcon Nibombé Daré « Le Togo a encore besoin d’Adébayor »

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Interviews - Questions/Réponses

Absent lors du drame de Cabinda pour cause d’exclusion de la liste des 23 pour la CAN 2010, Nibombé Daré, réputé pour sa franchise et parfois ses excès, s’est refusé à tout commentaire image en couluersur les circonstances du drame et la gestion qui en était faite de la part des autorités politiques et sportives. Aujourd’hui avec l’annonce de la retraite du capitaine Adébayor Shéyi, l’amorce d’une procédure de règlement à l’amiable du contentieux entre la CAF et le Togo, le défenseur de Timissoara en Liga roumaine accepte de faire le tour d’horizon  non sans annoncer son prochain départ de la Roumanie. En intégralité, la revue sans détour de Daré Nibombé sur l’actualité du football togolais. 

 

 

 

 

Quel bilan faites-vous de votre saison avec le Timissoara, à peu de journées de la fin de la Liga roumaine?

Je dirai qu’à 5 journées de la fin de la liga roumaine, tout reste encore à espérer quand on sait que l’actuel leader le CRF CLUJ (Ndrl : Club où évolue Serge Akakpo) est à 4 points d’avance sur nous. De toute façon les six premières équipes du classement joueront le titre jusqu’à l’ultime journée. Nous sommes dans ce peloton pour le sprint final. 

Personnellement, j’ai été titularisé 24 fois en championnat, 5 fois en Europa League, et disputé  4 matches des préliminaires de la Ligue des champions. Vous pouvez en juger par vous-même.  Nous avons la meilleure attaque avec 45 buts inscrits et la 2e meilleure défense de la Liga avec 17 buts encaissés. Voilà en résumé, le bilan provisoire de Timissoara.

 

        Pensez-vous avoir atteint vos objectifs de la saison?

Je dirai non, car il faudra mieux faire que la saison passée ( on a terminé 2ème) . Avant de conclure ou de voir si nos objectifs sont atteints il nous reste encore des challenges. Dans les matchs restants, on a deux grands matches ( Dinamo et Steau FC)  avec les concurrents directs en déplacement qu’il ne faudra pas perdre . Le titre reste discutable.

 

        L’heure du bilan est aussi celle des perspectives. Où Nibombé Daré va-t-il évoluer la saison prochaine?

        J’ai encore 2 ans de contrat ici à Timissoara, mais je n’ai pas caché mes intentions de m’en aller à la fin de cette saison, car la mentalité du football roumain ne cadre plus avec ma philosophie. Je pense avoir fini mon cycle ici et lors d’une récente réunion avec le coach et le directeur sportif du club, j’ai laissé entendre que même si le président de l’UEFA, M. Michel Platini décidait de qualifier par une note officielle Timissoara pour la finale de la prochaine Ligue des champions, je ne resterai pas (rires). Par contre je me battrai à 100% pour atteindre l’objectif qu’on s’était fixé en début de saison.

Quant à ma future destination, les contacts et les offres qui arrivent soit à moi ou directement au club sont en études, et on verra une issue heureuse d’ici la fin de la saison.

 

Quelle est la position de Nibombé Daré avec les Eperviers?

             Je suis un Togolais de souche pure et je reste à la disposition des Eperviers. Mais attention, s’il faut revenir retomber dans les mêmes problèmes, ce ne serait pas la peine. Plusieurs critères que je ne dévoilerai pas ici seront prises en compte. Avec le recul par rapport aux derniers  évènements, je me suis fixé une ligne de conduite par rapport à beaucoup de choses. L’expérience enseigne mieux que les conseils, dit-on.

 

        Votre ami et capitaine de la sélection, Shéyi Adébayor vient de décider d’interrompre sa carrière internationale. Votre réaction...

           C’est une très grande décision, mais je ne pense pas que c’est la bonne, car ne dit-on pas que le capitaine est le dernier à quitter le bateau en cas de naufrage? (rires). Je ne pense pas comme il se le dit qu’il a bien pesé le pour et le contre de cette décision avant de la rendre publique.

A son âge et par rapport à son niveau et ses expériences, le football IMAGE EN COULEURtogolais a encore besoin de lui pour encore longtemps. Sa décision sera respectée mais si Manu s’appartient, il dépend aussi d’une société qui au moment venu lui mettra la pression pour qu’il revienne sur sa décision.

 

        Pensez-vous que les raisons données, à savoir le traumatisme de la fusillade de Cabinda, suffisent pour expliquer cette brusque décision?

Non, les raisons évoquées à mon avis sont erronées. Mais moi je n’étais pas dans le bus pour mesurer l’impact psychologique que cela pourrait avoir sur la conscience humaine après la fusillade. Les vrais raisons sont ailleurs et il le sait bien. Pour moi il s’est invité dans les affaires qui dépassent son rôle de capitanat et aujourd’hui cela lui porte préjudice.

La domiciliation des Eperviers, la confection de la liste des 23 joueurs (avec la démission de Hubert Velud, et la complicité de Rock Gnassingbé, Christophe Tchao etc.) en passant par le drame  jusqu’à la décision de rejouer les matchs de la CAN contre l’avis de son gouvernement qui lui avait pourtant laissé le temps de décider, sont en quelque sorte les raisons qui ont influencé cette décision de quitter le nid des Eperviers.

 

        Pour vous qui le connaissez bien, Adébayor Shéyi va-t-il revenir en sélection ?

         Oui, à 99,99%, et c’est  d’ailleurs mon souhait. Il me semble qu’on doit achever une œuvre qu’on a commencée ensemble. Encadrer la jeune  génération avant de leur passer la main, continuer par nous battre aussi pour améliorer nos conditions afin d’avoir un statut propre aux futurs Eperviers. C’est pourquoi je regrette après analyse que Tchangai Mazamaesso, Abalo Dosseh et Coubadja Kader,  nous manquent toujours, car notre équipe n’a plus d’âme.

J’ai vu le comportement des joueurs après la double défaite au Gabon et au Cameroun (3-0), permettez- moi de vous dire que beaucoup ne comprennent pas encore le vrai sens d’une défaite nationale.

Pour revenir à un éventuel retour de Shéyi en sélection, je dirai que le moment venu, il évoquerait les raisons que tout le monde sait déjà (rires). Si c’est pas un de ses domestiques qui menace de se suicider, ce serait sa famille qui lui mettra la pression ou au pire le coup de téléphone de son ami, le président Faure Gnassingbé qui vont l’obliger à changer d’avis.

Qu’il sache qu’on n’a encore rien gagné pour notre pays et que c’est tout un peuple qui attend qu’il change d’avis dans les minutes, les heures, les jours voir les mois à venir.

 

        Les Eperviers se rendront bientôt à un tournoi en France, vous y serez? Votre réaction sur cette initiative?

Non, je ne serai pas de la partie pour la simple raison que je n’ai pas image en couleurété invité. J’ai eu écho que certains joueurs depuis plus d’un mois ont reçu des mails d’invitation à ce tournoi. Qui convoque qui et qui sera l’entraineur? Pourquoi ce tournoi? Ce sont ces multiples questions qu’il faudrait se poser.

L’initiateur de ce tournoi doit présenter toutes les garanties possibles quand on sait que la Corse aussi n’est pas de tout repos  avec ses indépendantistes de l’ETA et de la CORSICA FERRI, (rires).

S’il dit vouloir organisé ce tournoi en mémoire des victimes de Cabinda, alors je ne vois pas pourquoi c’est en Corse qu’il faut aller jouer ça. Pour quelques billets d’euros, certains  sont prêts à sacrifier l’image de leur pays comme ce fut d’ailleurs la mode à des multiples matches fantômes qu’on fait jouer aux Eperviers de toute catégorie ses derniers temps-ci, Chine, Japon,  Irak, Iran, en Corée du Sud et Corée du Nord et bientôt Afghanistan et Tchétchénie. Il y en a marre de cette clochardisation du football togolais.

Pour l’organisateur, le résultat ne compte pas c’est le cachet qui est important. Mais ne l’ignorons pas, pour la FIFA tout est pris en considération pour établir le  classement des pays.

 

        Vous avez sûrement appris les défaites en série des sélections locales au Nigéria, en Côte d’Ivoire... Votre sentiment sur l’état actuel du football au Togo...

          Il n’y a plus de hasard dans le football. Même au temps du grand frère Dr.  Kaolo, c’est l’équipe la mieux préparée sur tous les plans qui a plus de chance de gagner. Tous les indicateurs doivent être au vert avant d’exiger voire d’obtenir un résultat, mais chez nous ce n’est pas le cas. Je salue la volonté des entraineurs et la détermination des joueurs, mais avec les réalités du foot moderne ça ne suffira plus pour avoir de bons  résultats car on se prépare très, très mal.

Nos entraineurs locaux doivent exiger un statut propre et l’Etat voire la fédération doivent les aider à grandir. Je ne vois pas en quoi  Hubert  Vélud  dépasse les coachs Mawuéna Kodjovi, Tchanilé Bana, Bawa Bako, et autres. La seule différence c’est que la France permet à Velud de découvrir et d’apprendre en lui donnant les moyens, pendant que le Togo reste indifférent par rapport aux sorts de leurs encadreurs, c’est tout.

           

        Que pensez-vous du travail du Comité intérimaire du Gal. Mémène?

Le comité n’a pas fait grand  chose si ce n’est que le dossier du drame de Cabinda qu’il doit en partie gérer. On a d’ailleurs rien à lui reprocher. Seulement, on compte sur cette équipe pour une bonne préparation de la prochaine élection à la fédération. J’aurai souhaité qu’il fasse tout pour relancer le championnat national afin de pouvoir mettre la jeunesse en activité mais hélas.

Le Général Séyi Mémène est un renard dans le football africain, alors je compte beaucoup sur lui et son équipe pour le meilleur devenir de notre sport roi.

 

        Bientôt les élections à la FTF. A quelles conditions elles peuvent contribuer à régler définitivement la crise?

          Difficile à dire quand on sait que les vrais raisons qui ont fait capoter plusieurs bureaux de la FTF sont les affaires d’ego. Réunir tous les principaux acteurs des trois derniers bureaux, poser leur les vrais questions pour obtenir les vraies réponses ; redéfinir le contexte dans lequel le nouveau bureau va fonctionner, tout en choisissant ceux qui sont réellement volontaires à aider ce football.

Je pense aussi que l’exécutif doit avoir une oreille attentive pour ne plus laisser pourrir la situation avant une éventuelle intervention. Mais si j’avais le pouvoir de décision, j’interdirais à tous les membres des trois derniers bureaux de se représenter, le salut de notre football se trouve là.

 

        L’actualité, c’est aussi le contentieux entre la CAF et le Togo. L’approche a déchiré la famille. A votre avis, le règlement à l’amiable qui suit son cours, est-elle la meilleure approche et pourquoi?

La meilleure issue que tout  le peuple attend de ce règlement à l’amiable est la réhabilitation pure et simple du Togo dans ses droits, point. D’abord  en l’insérant dans l’un des 14 groupes de la prochaine CAN et par la suite en s’occupant de ses victimes. Après on verra les mesures d’accompagnements et chacun situerait ses responsabilités dans cette affaire.

Aller au crash judiciaire avec la CAF à mon avis  n’est pas une bonne chose car cette Confédération nous attendra au tournant et sûrement on le trouvera sur notre route. Si le président de la FIFA s’est porté volontaire à intervenir dans ce dossier, ce n’est pas pour rien, alors on attend vivement et avec impatience le résultat  de la prochaine réunion.

 

        Le profil du prochain président de la FTF?

(Rires) Il doit être un Togolais. Mais pas un Togolais président de la FTF qui se sert du foot et ses avantages  au lieu de servir le foot, comme ce fut le cas par le passé. Aujourd’hui, aimer le football pour prétendre être le président de la FTF ne suffit plus. Il faut chercher à apprendre  comment ce football a évolué et est géré un peu partout dans le monde, histoire de l’améliorer chez nous. Le futur président de la FTF doit avoir le profil d’un PAPE, alors on attend tous la fumée blanche.

 

         On ne vous a pas entendu après le drame de Cabinda. La raison, une indifférence ?

Non, c’est l’émotion, car une bonne partie du peuple avait défendu ma cause pour que je fasse parti de la fameuse liste des 23 Eperviers pour l’Angola. Après quand tu établis un parallèle de ce moment avec les évènements qui ont suivi après le drame, alors il y a de quoi se poser des questions. C’est pourquoi je ne dis pratiquement rien sur ce triste drame.

        Je ne finirais pas cet entretien sans saluer les supporters des Eperviers  et le public sportif dans son ensemble. Merci aux uns et autres, ensemble œuvrons à sortir notre football des chantiers battus. Il y va du bonheur que le football procure aux populations ainsi que son rôle de ciment de l’unité nationale.

 

 

 

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