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Interviews Questions/Réponses Thomas Dossèvi vers une fin de carrière internationale anticipée?

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Interviews - Questions/Réponses

L'international togolais du FC Nantes, Thomas Dossèvimage en couleuri (30 ans, 16 sélections, 8 buts), ne sait pas s'il va poursuivre sa carrière internationale avec les Eperviers du Togo. Après l'attaque du bus de la sélection togolaise le 8 janvier dernier dans l'enclave de Cabinda par les séparatistes du FLEC, l'attaquant des Eperviers pense que rien n'a changé sûr le plan de la sécurité depuis bon nombre d'années sur le continent. « Ma famille se demande si je dois continuer d'aller jouer en équipe nationale. Pour ma première sélection, j'ai été agressé alors que je voulais aller à la plage. Ensuite on a eu des gros problèmes au Mali (quatre supporters tués et deux joueurs maliens blessés à l'arme blanche). Puis un hélicoptère (qui devait ramener des personnalités après un match de la sélection à l'extérieur) s'est crashé en Sierra Leone avec vingt-deux personnes à bord. Ça fait déjà plusieurs fois que je m'approche de la mort. Il est certain que je dois réfléchir: la sélection, c'est bien, mais prendre autant de risques pour jouer au football... », a-t-il indiqué dans une interview diffusée sur le site de Presse-­Océan.

Voici l'intégralité de l'interview qu'il a accordée à notre confrère de Presseocéan.fr

T. DOSSEVI « C'était une scène de guerre»

 

L'attaque du bus togolais par les rebelles des Forces de libération de l'état de Cabinda, dont des images avaient été diffusées le soir même par la télé angolaise, était un «guet-apens». Le joueur du FC Nantes Thomas Dossèvi n'oubliera jamais l'attaque du bus togolais le 8 janvier dernier en Angola.

 

Peut-on aller bien après ce que vous avez vécu?

Je relativise: il y a des choses qui se passent dans le monde, comme à Haïti, qui sont plus graves que ce que j'ai vécu. Psychologiquement, ça va, j'encaisse.

 

C'est-à-dire ?

Le gouvernement togolais a mis en place une cellule psychologique. Et le fait qu'on soit resté entre nous, les joueurs, nous a aidés. Chacun a pu parler, dire ce qu'il pensait. Et, ainsi, panser ses blessures.

 

 

 

Que s'est-il passé ce vendredi 8 janvier ?

Quelque chose que tous ceux qui étalent dans le bus n'oublieront jamais. On a été victimes d'un guet-apens. C'était une scène de guerre: le signal du lancement de l'attaque, ça a été le tir d'une roquette sur le bus qui transportait nos affaires. Le souffle de l'explosion a fait éclater toutes les vitres arrières de notre bus. C'est alors que le mitraillage a commencé.

 

On a dit que ça avait duré une demi-heure ?

        En tout, oui. Il y a eu un quart d'heure de mitraillage. Puis un moment de répit. On pensait que c'était terminé. Mais ça a repris. On entendait les blessés gémir, des gens prier, d'autres pleurer. C'était horrible. On a tous, à ce moment-là, pensé à nos familles, à nos proches. Je me souviens même d'un de mes coéquipiers appelant sa mère au téléphone pour lui dire qu'il était sous les balles.

 

Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous avez compris que vous étiez attaqué?

        Bizarrement, j'étais sûr de pouvoir m'en sortir. J'ai été très vite à couvert, même si lorsque les tirs ont repris ça a été beaucoup plus difficile à gérer.

 

Qu'entendez-vous par «difficile à gérer » ?

L'entraîneur adjoint (Abalo Amélété) et l'attaché de presse (Stanislas Ocloo) avaient pris des balles dans le ventre. Il y avait beaucoup de sang dans le bus. Heureusement que le chauffeur qui, lui, avait pris une balle dans le cou, a réussi à rouler sur deux cents mètres. Sans cela, sans cet acte de bravoure, on serait peut-être tous morts.

 

Le chauffeur qui, finalement, s'en est sorti...

           Non, il est mort. À vrai dire, la communication angolaise n'a pas été très clean.

 

Pour preuve, votre gardien, Kodjovi Obila lé, a dans un premier temps été annoncé mort.

En fait, c'est après avoir appris qu'il était en vie qu'on s'est réuni tard le samedi soir. On était content. On a fait un tour de table pour savoir qui se sentait capable de jouer.

 

Parce qu'immédiatement après l'attaque, votre première réaction a été de vouloir rentrer...

C'est vrai. Pourquoi? D'abord parce qu'on avait peur pour notre sécurité et celle des autres équipes. Quand on a appris ce qui s'était passé à la Côte d'Ivoire et au Ghana, ces deux équipes étaient d'accord pour partir. À ce moment, Didier Drogba nous a dit: «La compétition est terminée pour nous, on s'en va». Mais un jour et demi plus tard il est venu nous voir pour nous dire que la Côte d'Ivoire allait jouer. Sur le coup on était un peu déçu. Même si on ne peut pas lui en vouloir, on aurait apprécié un peu plus de solidarité.

 

Finalement, n'avez pas joué!

Notre gouvernement a décrété trois jours de deuil durant lesquels il ne pouvait rien avoir. On espérait un geste de la CAF (Confédération africaine de football) qui nous aurait permis de revenir dans la compétition après ces trois jours et jouer le premier match contre le Ghana à la fin du premier tour. En refusant, la CAF n'a pas été fair-play.

 

La CAN a donc commencé sans vous. La suivez-vous?

Honnêtement non. Pourtant c'est un truc que j'avais envie de vivre à fond. Ça me passe au-dessus maintenant.

 

On peut dire que l'équipe nationale du Togo a une existence mouvementée.

C'est vrai. Et ma famille se demande si je dois continuer d'aller jouer en équipe nationale. Pour ma première sélection, j'ai été agressé alors que je voulais aller à la plage. Ensuite on a eu des gros problèmes au Mali (quatre supporters tués et deux joueurs maliens blessés à l'arme blanche). Puis un hélicoptère (qui devait ramener des personnalités après un match de la sélection à l'extérieur) s'est crashé en Sierra Leone avec vingt-deux personnes à bord. Ça fait déjà plusieurs fois que je m'approche de la mort. Il est certain que je dois réfléchir: la sélection, c'est bien, mais prendre autant de risques pour jouer au football...

 

 

 

 

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