Razak Boukari : « ça fait froid dans le dos »
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Razak Boukari, franco-togolais, aurait pu se trouver dans l'autocar menant les joueurs du Togo en Angola, quand la tragédie s'est produite en fin de semaine dernière à la frontière entre le Congo-Brazzaville et l'Angola. Il livre ici ses impressions sur ce drame
Razak, comment avez-vous appris la nouvelle ?
 J'ai reçu trois ou quatre messages me racontant l'impressionnante fusillade du car. Sur le coup, j'ai été très choqué. Les copains partaient pour une compétition qui devait être une fête et on tire sur le car à la frontière.
 Comment expliquer un tel acte ?
 L'équipe du Togo était en stage pas loin de l'enclave de Cabinda et si les organisateurs angolais avaient conseillé de venir en avion, la sélection avait décidé de rallier l'Angola tout proche en bus. Le sélectionneur voulait que j'aille jouer la CAN avec l'équipe, mais j'avais pris le temps de la réflexion (sélectionné en équipe de France Espoirs, il a encore le temps de choisir, ndlr). Je pense qu'au départ de leur hôtel, les joueurs n'étaient pas assez escortés, même s'il y a eu riposte de la police au moment des faits.Â
Le drame a fait deux morts et neuf blessés. De quoi avoir peur...
 Oui, d'autant plus que mon copain Serge Akakpo, avec qui j'avais joué chez les Bleuets, a pris une balle dans le dos. Il m'avait incité à venir... Dès que possible, je vais prendre de ses nouvelles. Ça fait froid dans le dos ! Mes parents étaient contents de me savoir à Lens.Â
 Votre père, international togolais, avait été emprisonné après une défaite du Togo. Quelques dizaines d'années après, l'Afrique est-elle prête pour de grands événements sportifs ?
 Cet épisode avait marqué mon enfance. D'autant que j'ai encore de la famille au Togo. Là , les faits sont très graves. Ce n'est pas l'image que l'Afrique devrait donner pour le sport. Les choses évoluent mais il reste beaucoup à faire.Â
Finalement, le Togo a pris le parti de ne pas participer. Est-ce la bonne décision ?
 Je pense que si cette tragédie est arrivée une fois à la frontière, elle peut se reproduire, surtout dans l'enclave de Cabinda, où l'équipe devait évoluer. Cela peut donc se reproduire. Les joueurs sont très choqués. Il était plus sage de prendre cette décision.Â
 Pensez-vous que ce genre de risques peut atteindre la Coupe du Monde en Afrique du Sud ?
 S'il existe une évolution dans les différents pays d'Afrique, on peut quand même penser que des risques pourront apparaître en Afrique du Sud.
Cependant, la sécurité sera très pointilleuse. Alors, je pense qu'il n'y aura pas de souci à se faire • Â
Lavoixdessports
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