Gabon 3 – Togo 0 : Les raisons d’une cuisante défaite
| AFRIQUE - Sports |
Saoulés par une victoire contre le Cameroun, le 28 mars 2009, les Eperviers
vont devoir redescendre de leur piédestal. Sur leur chemin, les panthères sans génie, ont fait très mal. En réalité, le match a été perdu par la sélection nationale, depuis Lomé. Cacophonie dans la préparation, indiscipline des joueurs, choix hasardeux du staff technique, puis un arbitrage partisan. S’en était de trop, pour rééditer un exploit tel celui de Bamako, ou encore de Dakar, qui ont propulsé le Togo, au mondial 2006.
Tout a commencé avec l’annulation du stage programmé à Bruxelles. On retiendra par la suite, une explication laconique, évoquant l’indisponibilité des joueurs, pendant que certains parmi eux, étaient déjà à Lomé. En réalité, la fronde levée par les joueurs, contre le programme de Jean Thissen, pour des raisons dont certaines ne peuvent être évoquées ici, tient au fait que plus qu’au match ou tout autant, certains Eperviers tenaient à leur java.Â
Les filles de Lomé, les boîtes de nuit Monté Cristo pour le capitaine Adébayor Shéyi et consorts et Privilège, pour Jean Thissen et autres, les soirées à répétition à la maison, les hystériques bains de foules…etc., tout cela compte tant pour certains. Et malgré l’acquitté de l’enjeu, cela n’a pas manqué. Finalement, la délégation ne quittera Lomé, que le vendredi 05 juin, soit la veille du match.
Contacté, un joueur nous a expliqué que c’est un problème de visa, qui a fait reporter le départ. Deux joueurs avaient leur passeport périmé et celui d’un troisième plein. Une situation qui pose le sérieux dans la gestion des préparatifs. Mais à Libreville, ce fut une autre paire de manche. Les joueurs contrairement à la décision initiale, décident de loger chez l’Ambassadeur du Togo. Après près de 30 minutes de disputes, le technicien belge cède, mais va lui, loger à l’hôtel. L’Ambassade n’ayant pas les capacités pour accueillir autant de visiteurs, il a fallu du temps pour aller chercher des matelas.
S’en suit après une partie de percussion et de danse animée par Adébayor, certains joueurs et des Togolais résident au Gabon jusqu’à 3 heures du matin du match.  « Jusqu’à 03 heures du matin, on a joué du tam-tam et dansé avec les joueurs », nous a confié un Togolais résident au Gabon. Plus surprenant, de source proche de la délégation, dans la matinée du 06 juin, jour du match, les Eperviers sous la conduite de leur capitaine, étaient partis pour s’entraîner. Un cliché symptomatique du bordel qui s’empare à nouveau de la sélection.                                                                        Â
 Une préparation cacophoniqueÂ
La préparation des Eperviers pour ce match a été des plus calamiteuses. Sevré par le ministère des finances pour cause de gestion nébuleuse des fonds alloués à la FTF, le Col. Rock Gnassingbé, a visiblement choisi de jouer l’impasse. Problème de manque de maillots, qui rappelle un passage controversé de Tata Avlessi, aux commandes, envahissement de l’enceinte du stade municipal lors des séances des Eperviers, organisations de séances nocturnes pour une rencontre prévue pour se dérouler un après-midi sous les tropiques, disputailleries infantiles avec les préposés du ministère des finances qui, apparemment, ne comprennent rien aux exigences d’organisation d’un match de haut niveau ; jamais un match n’a été organisé avec tant d’avatars.Â
Et pour corser l’addition, le Bureau de la FTF, s’il n’a brillé par sa démission, s’est illustrée dans le folklore dans le but de divertir. En effet, pour un match aussi capital, aucun des ténors du B.E, n’était présent. Le président ayant choisi de « neutraliser », le premier vice-président, Gabriel Améyi, qui ne pourrait s’en prendre qu’à lui-même, son second aussi a choisi d’aller voir ailleurs. A défaut d’avoir à se ruer sur des fonds alloués par le trésor public, les « requins » de l’instance de direction du football national, savent autrement s’occuper, quitte à laisser la charge au « pauvre », Amavi Patatu, de gérer le flot de problèmes qu’une telle situation ne pouvait qu’engendrer.
Pour tout fait d’arme, le président va se pointer à la très médiatisée messe, pour faire croire qu’il se sentait bien concerné.                                          Â
 Les choix hasardeux de ThissenÂ
Comme si cela ne suffisait pas, Jean Thissen, s’est montré très peu inspiré dans ses choix tactiques pour cette rencontre. Une fois encore, contre la logique que lui-même a clamé, en disant que ses choix iraient à ceux qui jouent en club, le technicien belge à préféré des joueurs sans clubs et des joueurs qui ne jouent pas ou ne jouent que très peu, à Floyd Ayité. Pourtant, de tout l’effectif, le milieu de terrain des Girondins de Bordeaux (champion de France), est celui qui semble le plus en forme, avec 33 matches et 3 buts en Ligue 2 française avec Angers. Une prestation qui lui vaut la confiance du staff technique des Girondins, qui dit compter sur lui, pour la saison prochaine.Â
Autre aspect incompréhensible du choix de Jean Thissen, l’option offensive à outrance, qui l’a amené à opter pour trois attaquants, alors que le Togo jouait à dix, et que l’absence de Nibombé Daré, se faisait sentir âprement en défense. Tout cela ajouté à la méforme de Agassa Kossi et à celle logique de Adébayor Shéyi, ont contribué à couler le navire togolais. La page du feuilleton de Libreville est tournée, reste celle qui s’annonce difficile de Casablanca, où les Eperviers vont en découdre avec les Lions de l’Atlas. Vivement que les autorités prennent la mesure de la situation pour assurer une meilleure préparation de cette rencontre.Â
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