Djima Oyawolé continue à prendre du plaisir
| TOGO - Foot |
L'ex messin aujourd'hui âgé de 32 ans compte continuer sa carrière professionnelle. Après un essai infructueux avec Reims (Ligue 2), il évolue à Stella Lys, un petit club de la banlieue lilloise.
Un joueur professionnel, international de surcroît, en Promotion d'honneur régionale (PHR, 8e division)! Il s’agit bien de Djima Oyawolé, le héros de Rabat, un soir de printemps en 1999. Dans le ciel ténébreux du stade Moullay Abdallah, il s'est envolé tel un épervier pour reprendre d'un retourné acrobatique, un centre de Fiawoo Koffi et marquer un but qui fera date, contraignant les Lions de l’Atlas, au partage de point à domicile, face aux Eperviers.Â
ÂParti de Lomé, pour arriver à 17 ans au centre de formation du FC Metz, Djima a connu la vie trépidante, mais ô combien difficile, d'un joueur professionnel. Chez les « Grenats », son responsable s'appelait Francis De Taddeo - « C'est comme un père pour moi, il continue de me faire mes programmes de reprise » - et son agent était un certain Pape Diouf. Ça vous met dans le bain... Son parcours bourlingua de Ligue 1 en Ligue 2, passant par des détours à l'étranger, pour se terminer... en Chine. Deux montées avec Lorient et Troyes, le regret de ne pas en avoir connu une troisième avec Berne (Suisse) en 2001, l'année où il se blesse à la cheville, et un titre de champion en Asie en 2004 auréolé de la récompense de meilleur buteur.
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Des souvenirs qu'ils savourent intrinsèquement, mais qu'il n'étale pas forcément sur une place publique qui ne pourra pas, de toute manière, les ressentir comme lui les a vécus.
Au détour de la conversation, on sent tout de même qu'il n'a rien oublié. Ce n'est pas en français, mais en allemand, puis en chinois qu'il égrène les numéros. Son permis de conduire ? Chinois, également ! « Ce sont des moments dont il faut profiter, annonce-t-il plein de pudeur. En Chine, j'étais un des rares étrangers à être capitaine ! Pour ne pas dire noir... »
Il fut un exemple pour Adebayor
Ses pérégrinations, c'est aussi, et surtout, ses dizaines de sélections avec les Éperviers du Togo, avec notamment Emmanuel Adebayor dont il fut, dit-on, l'un des exemples.
Non retenu, il ne fut pas de l'aventure allemande lors de la Coupe du monde 2006. Reste tout de même la participation à trois Coupe d'Afrique des Nations (1998, 2000 et 2002).
On arrêtera là le curriculum vitae. Opéré il y a un an au genou, Djima s'est depuis entraîné en début d'année avec Charleroi, avant d'être recalé lors d'un essai il y a deux semaines à Reims. « Je ne veux pas arrêter le football sur ce genre de chose. » Alors, c'est à la « Stella Lys » qu'il prend, avec plaisir, son mal en patience depuis un mois. Avant, éventuellement, un autre essai, ailleurs... « Un ami m'a dit que j'avais un compatriote qui était entraîneur dans un club de la région. Nous avons été bien reçus et le courant est passé tout de suite avec Napo (Gnofam, l'entraîneur lyssois). Je suis arrivé l'esprit tranquille, en rigolant avec tout le monde. Les autres joueurs ne savaient pas qui j'étais. Il a fallu quelques jours avant qu'ils apprennent. Mais je me considère comme eux. » À son contact, les sentiments s'emmêlent. Difficile de dire lequel est le plus prégnant, entre sa timidité dans le regard, son incroyable humilité et son envie inextinguible de pratiquer sa passion après avoir connu toutes les galères.
« Aujourd'hui, ce que je désire c'est jouer, jouer et jouer. Et me retrouver sur un terrain dans une équipe ambitieuse. » La Stella Lys, qui pourra l'aligner dès ce week-end en coupe, n'en demandait pas tant. •
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